Dans quelques semaines, on célébrera le 80e anniversaire du Débarquement et de la Bataille de Normandie, auxquels ont participé des milliers de Québécois enrôlés dans les forces armées canadiennes et regroupés ici sous le Régiment de la Chaudière. Parmi eux, un jeune Québécois qui deviendra un jour premier ministre du Québec, René Lévesque. Celui-ci a réussi à se soustraire à l’obligation de combattre, mais on lui a assigné une autre tâche, en raison de son expérience professionnelle, celle de correspondant de guerre.
Confinés depuis plusieurs jours dans les nombreux navires mouillant dans le port de Southampton, les soldats du régiment de la Chaudière attendent fébrilement le jour J du débarquement. Ils sont armés d’un fusil, de munitions et d’un poignard. On leur a remis des rations de chocolat noir concentré et autres éléments de survie, ainsi que quelques francs français, au cas où… Ils ne connaîtront la date et l’heure du débarquement que quelques heures avant le grand départ : le 6 juin 1944, à 7 h 45 du matin.
Parallèlement, des bombardiers de la 425e escadrille, baptisée Alouette, en raison de la présence de nombreux Canadiens français, bombarderont les positions ennemies, à quelque 20 km de la zone de débarquement.
Au cours de la Seconde Guerre mondiale, plus de 9500 aviateurs de l’Aviation royale du Canada perdront la vie, nous apprend l’auteur. C’est sans doute la position la plus risquée.
Participent aussi à l’opération 541 hommes du 1er Bataillon de parachutistes canadiens, dont plusieurs Canadiens français, tous volontaires et entraînés à la dure. L’opération de largage sera très coûteuse en vies humaines. Le parachutiste Philippe Rousseau sera « le premier Canadien français à mourir dans l’invasion pour la libération de la France ». Son frère André, lui aussi parachutiste, trouvera la mort quelques mois plus tard, après avoir été parachuté derrière les lignes ennemies.
« Des 20 hommes largués par le Dakota du lieutenant Rousseau aux premières heures du 6 juin, 11 sont faits prisonniers et 7 sont tués. Le sort du soldat Postorious est inconnu. Seul James MacPherson parviendra à rejoindre les lignes alliées, au bout de 80 jours, aidé par la Résistance française. »
Les soldats du régiment de la Chaudière progresseront à travers le paysage bucolique de la Normandie, libérant village après village. Parfois, on assiste presque à des combats au corps à corps contre l’infanterie allemande. Partout, les habitants les accueillent chaudement, en libérateurs, étonnés de les entendre parler leur langue.
Un devoir de mémoire
Ce 6 juin sera surnommé avec raison « le jour le plus long ». Tout un baptême de feu ! Les Allemands ne font pas de quartiers et leurs officiers ordonnent très souvent de fusiller les prisonniers canadiens, défiant ainsi les conventions guerrières. Les soldats et les officiers du régiment de La Chaudière feront en tout temps preuve de courage, de bravoure et d’un sang-froid remarquable. Le bilan de cette première journée se lit ainsi : « Les pertes enregistrées par les Canadiens, les Britanniques et les Américains au cours de cette première journée de l’opération Overlord s’élèvent à plus de 10 000 hommes tués, blessés ou faits prisonniers sur les 156 000 débarqués ou parachutés en Normandie. »
Si vous doutiez des horreurs de la guerre, il faut lire ce récit. Si vous doutiez du courage dont ont fait preuve les soldats et officiers des régiments canadiens-français : La Chaudière, Fusiliers Mont-Royal et de Maisonneuve, pour nous libérer du fascisme, il faut aussi lire cet ouvrage magnifiquement écrit.
« Avec la disparition des derniers témoins, le devoir de mémoire est plus que jamais une responsabilité collective. »
À LIRE AUSSI
Texter, publier, scroller
Emmanuelle Parent | Éditions Écosociété
Photo fournie par les Éditions Écosociété
Ils sont nombreux, les cris d’alarme, à propos des jeunes qui passeraient trop de temps devant leur écran, naviguant d’un réseau social à un autre. On ne prend plus le temps de causer, on s’écrit, on a réponse à tout, dans l’immédiateté du message. Comment faire pour trouver un juste équilibre entre les activités plus traditionnelles comme la lecture, le cinéma, la marche, le jardinage ou le basket et les échanges instantanés sur les réseaux sociaux ? Loin d’être alarmiste, l’auteure, Emmanuelle Parent, docteure en communication, a cofondé le CIEL, un organisme qui fait la promotion du bien-être numérique auprès des jeunes. Elle aime les réseaux sociaux et a voulu savoir ce qui motive les jeunes à y passer tant de temps. Elle rappelle avec raison que l’arrivée de nouvelles technologies a toujours suscité la méfiance. « Télé, baladeur, musique rock, jeux vidéo : au fil des décennies, toutes ces nouveautés sont passées par le même cycle de méfiance où les adultes souhaitaient protéger les jeunes d’un nouveau danger. » La solution passerait par une reprise des contacts physiques avec notre famille et nos ami.es.
De la cour au jardin – Transformer son terrain en aménagement écologique et comestible

Christelle Guibert | Éditions Écosociété
Photo fournie par les Éditions Écosociété
C’est le temps des labours, après le long hiver, alors que le printemps s’évertue à livrer ses premières chaleurs. Le temps de mettre ses mains dans la terre pour transformer ce petit coin de pelouse un peu trop uniforme en un jardin où récolter vos propres fruits et légumes sera un plaisir renouvelé chaque jour.
Ce guide est une véritable mine d’informations. « L’objectif est de créer un jardin écologique et résilient face aux changements climatiques, en plus de parvenir à une certaine autosuffisance alimentaire. » À vos pelles, râteaux et brouettes !